Connecter les îles du bout du monde : les défis télécoms du Pacifique

12 mai 2026

Un environnement extrême pour les réseaux

Les États insulaires du Pacifique font face à un ensemble de contraintes qui n'a guère d'équivalent ailleurs sur le globe. Faibles densités de population, vulnérabilité aux catastrophes naturelles -  typhons, tsunamis - pluies tropicales perturbant les faisceaux hertziens, difficultés à recruter des talents… À ces défis structurels s'ajoute l'irruption des constellations de satellites en orbite basse, qui modifient l’économie des réseaux radio terrestres et des câbles sous-marins.

 

Fédérer les expertises face aux défis communs

C'est précisément pour répondre à ces défis communs qu'a été fondée en 1996 la Pacific Island Telecom Association (PITA), une plateforme d'échanges réunissant aussi bien des administrations publiques (dont l’ANFR)  que des acteurs privés (opérateurs, équipementiers, intégrateurs). Chaque année, l'association organise plusieurs rencontres dont son assemblée générale annuelle : elle a lieu sur une semaine et mêle présentations thématiques, discussions formelles et informelles en marge des séances et village des exposants industriels.

 

L’engagement de l’ANFR dans le Pacifique

Les Collectivités françaises d'Outre-Mer du Pacifique ne sont pas épargnées par ces défis. C'est pourquoi l'ANFR, forte de son expertise technique dans ces territoires, a rejoint la PITA pour échanger avec ses voisins insulaires, en participant notamment à l'assemblée générale annuelle qui rassemble la grande majorité de ses membres.

 

Infrastructures, durabilité, IA : des priorités très concrètes

Les deux dernières éditions ont offert un aperçu saisissant des priorités réelles du secteur dans la région. À Honiara, aux îles Salomon, en 2025, les débats ont mis en lumière des préoccupations éloignées de celles que l'on entend habituellement, par exemple au Mobile World Congress. A nhonaria, on a plutôt parléd'énergie, de résilience des infrastructures, de backhaul, de terminaux trop peu durables, etc.

 

L'édition 2026, accueillie par les îles Cook, a quant à elle placé l'intelligence artificielle au cœur des discussions : optimisation des réseaux, prospective sur les évolutions de trafic, monétisation, anticipation des risques. La question des constellations de satellites en orbite basse a également été largement débattue :  entre les bénéfices qu'elles apportent aux populations isolées et leurs effets sur la soutenabilité des investissements dans les câbles sous-marins, ou encore leur impact environnemental, notamment sur la couche d'ozone lors de la désorbitation en fin de vie.

 

En marge de ces travaux, l'ANFR a saisi l'occasion pour promouvoir la candidature d'Éric Fournier à la présidence du Bureau des radiocommunications de l'Union internationale des télécommunications (UIT).