6 GHz haute, une ressource stratégique : débat en Atelier des fréquences #12 et publication de l’avis RSPG
Cet Atelier a permis de revenir sur l’historique de ce débat, amorcé dès 2017, lorsque l’Europe et les Etats-Unis ont engagé des travaux sur l’introduction du WiFi dans la bande 6 GHz. La question s’est ensuite déployée dans toutes les régions du monde jusqu’à trouver son point d’orgue lors de la Conférence mondiale des radiocommunications de 2023.
Le débat a été vif lors de l’Atelier autour des besoins respectifs du WiFi et
de l’IMT pour cette bande de 700 MHz. Il s’est articulé sur une présentation de Sagemcom, pour le WiFi, et d’Orange pour l’IMT, suivies de nombreuses questions. L’Arcep et l’ANFR ont par ailleurs présenté les études menées sur deux sujets majeurs : le lien entre le choix des usages de cette bande et leur impact carbone selon le choix d’usage dans cette bande ainsi que la faisabilité d’un partage entre WiFi et IMT, option espérée par plusieurs administrations.
L’avis RSPG publié à la mi-novembre devrait contribuer à apaiser les débats. Il apporte des orientations claires et solides sur l’harmonisation future de la bande, résultat de deux ans de discussions acharnées sur les besoins en spectre des deux applications et sur les possibilités de partage :
- Il conclut que les besoins se situent à l’horizon 2030, ce qui laisse le temps de mener les travaux d’harmonisation et, le cas échéant, de réaménagement.
- Il sécurise 540 MHz pour les technologies mobiles, notamment en perspective de la 6G.
- Il suspend toute décision sur le bloc de 160 MHz du bas, dans l’attente des décisions de la CMR-27 sur une éventuelle extension de la bande identifiée pour les IMT à 7 125-7 250 MHz, avec comme argument que, si cette bande devient utilisable pour les réseaux 5G/6G, alors le bloc de 160 MHz pourrait être affectée au WiFi, et, à défaut, aux IMT.
Les travaux techniques doivent néanmoins se poursuivre au sein de la CEPT, dans le cadre du mandat confié par la Commission européenne sur l’harmonisation de cette bande. En effet, si les recommandations de l’avis RSPG permettent, à ce stade, d’éviter l’étude d’une bande de garde entre les deux applications - le bloc de 160 MHz jouant ce rôle -, il sera nécessaire d’examiner la faisabilité d’un usage du bloc de 540 MHz par le WiFi dans les zones non couverte par les réseaux mobiles dans cette bande, par exemple au moyen d’un système de partage dynamique ou d’autorisations individuelles.
Enfin, la décision relative au le bloc de 160 MHz devrait nécessiter un nouvel avis du RSPG, un second mandat de la Commission européenne et des études de la CEPT, en particulier dans l’hypothèse où ce bloc de 160 MHz serait attribué aux IMT, afin de définir les contraintes nécessaires à la protection du WiFi dans la bande 6 GHz basse.
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#ericfournier4br