Accessibilité

retour en haut

Point 1.13 : harmonisation des bandes millimétriques pour la 5G

A l’occasion du déploiement de la 5G, des technologies, jusqu’alors surtout employées pour des services professionnels, vont être utilisées à plus grande échelle et mises au service du grand public. Ce sera par exemple le cas pour les antennes actives : ce sont des matrices de minuscules émetteurs radio élémentaires, connectés individuellement à un amplificateur et à un déphaseur, ce qui permet d’orienter instantanément l’énergie du signal dans la direction utile (soit vers le terminal, soit vers le relais), évitant ainsi son gaspillage. Plus le nombre d’éléments est élevé, plus le faisceau peut être orienté avec précision. 

Jusqu'alors, l’idée dominante était que les réseaux mobiles devaient fonctionner dans les bandes « en or », situées autour de 1 GHz : elles offrent en effet un bon compromis entre pertes de propagation faibles et taille réduite d’antenne. Mais l’apparition des antennes actives dans l’univers des réseaux ouverts au public ouvre désormais  la possibilité d’exploiter des fréquences beaucoup plus élevées,  jusqu’à atteindre les bandes « millimétriques » (le terme s’applique au-dessus de 30 GHz, où la longueur d’onde devient inférieure à 1 cm). En effet, il est possible avec ces faibles longueurs d’onde de placer sur une petite surface un grand nombre d’émetteurs élémentaires, par exemple 8x8 ou 16x16 éléments pour un relais et jusqu’à 4x4 éléments pour un terminal. L’augmentation de la directivité des antennes permet ainsi de compenser l’atténuation beaucoup plus forte que subissent ces fréquences élevées en se propageant. Et, comme ces bandes de plusieurs GHz permettent de tailler des canaux larges de centaines de MHz, des communications à des débits beaucoup plus élevés deviennent possibles. 

En réalité, tout n’est pas si simple. Les obstacles atténueront beaucoup plus fortement le signal dans les bandes millimétriques que dans les bandes en or : malgré l’apport des antennes directives, les zones couvertes par chaque relais seront de seulement quelques centaines de mètres en espace ouvert. La 5G continuera donc à solliciter également les bandes plus basses, pour atteindre ses engagements de couverture. 

Dans ce contexte, le point 1.13 de la CMR -19 visait à identifier mondialement les bandes de fréquences au-dessus de 24 GHz pour les IMT (International Mobile Telecommunications), qui recouvrent les technologies de radiotéléphonie mobile 3G, 4G et 5G, afin de faciliter le développement de la 5G dans ces bandes millimétriques harmonisées. Lors de la CMR -15, la liste des bandes à étudier avait déjà été dressée de façon exhaustive :

  • « 26 GHz » : 24,25-27,5 GHz ;
  • « 32 GHz » : 31,8-33,4 GHz ;
  • « 40 GHz » : 37-43,5 GHz ;
  • « 50 GHz » : 45,5-50,2 GHz et 50,4-52,6 GHz ;
  • « 66 GHz » : 66-71 GHz ;
  • « 70/80 GHz » : 71-76 GHz et 81-86 GHz.


Dès 2016, l’Europe, par l’intermédiaire d’un avis du RSPG, avait identifié la bande 24,25-27,5 GHz comme la « bande pionnière » au-dessus de  24 GHz. Cette bande est dorénavant harmonisée par la CEPT et l’Union européenne pour la 5G. Par ailleurs, les États membres de l’UE ont l’obligation, inscrite dans le nouveau code européen de communications électroniques, de mettre à disposition de la 5G au moins 1 GHz de spectre dans cette bande avant la fin 2020. Les autres bandes visées pour une utilisation ultérieure pour la 5G en Europe sont les bandes 40,5-43,5 GHz et la bande 66-71 GHz, soit une capacité totale de plus de 11 GHz. 

Bien que les bandes millimétriques restent une terre de découverte pour les réseaux mobiles, elles sont déjà utilisées de longue date par de nombreux autres services, tels que les communications par satellite, les services scientifiques (observation de la Terre et radioastronomie) ou les faisceaux hertziens. La préparation de la CMR -19 et les travaux d’harmonisation de la bande 26 GHz ont donc consisté à définir les conditions de coexistence avec ces différents services, notamment les services spatiaux, compte tenu de l’impact potentiellement international des brouillages éventuels. 

Lors de la CMR -19, l’une des questions les plus critiques de la négociation a été la protection vis-à-vis des IMT de la bande passive adjacente, 23,6-24 GHz. Cette bande est en effet utilisée par quasiment tous les satellites d’observation de la Terre et reste essentielle pour les prévisions météorologiques dans le monde entier ainsi que pour l’étude de l’évolution du climat. L’Europe, à travers ses décisions d’harmonisation et ses propositions à la CMR -19, limite les rayonnements non désirés dans cette bande passive afin d’éviter de perturber les observations réalisées par ces satellites. La limite proposée synthétise de nombreuses études visant à minimiser les contraintes sur la 5G tout en protégeant efficacement les observations. Mais ces limites représentent tout de même une contrainte importante pour l’industrie 5G, compte tenu des difficultés de filtrage des premières technologies d’antennes actives. De nombreux pays ont donc sollicité des limites moins sévères pour faciliter le déploiement de la 5G, sans mesurer le risque pris pour les prévisions météorologiques ou les études de l’environnement. C’est notamment le cas des États-Unis, qui ont lancé leurs enchères sur la partie basse de la bande 26 GHz sans avoir prévu la protection de la bande passive, alors même qu’ils exploitent de nombreux satellites observant la Terre dans cette bande, et se sont en outre longtemps opposés à toute protection spécifique de la bande. 

Concernant le partage dans la bande avec les autres services, l’ANFR s’est assurée de la protection des services scientifiques (l’ESA et, en France, le CNES et MétéoFrance), qui disposent de 1,5 GHz de spectre dans cette bande pour collecter des données d’observation. Ces communications utilisaient auparavant les fréquences plus basses (bande S et bande X). Mais, pour répondre à l’augmentation régulière des débits qui prévaut aussi pour les échanges avec les satellites, elles vont de plus en plus s’appuyer sur la bande 26 GHz. Il est donc souhaitable que ces stations terriennes à 26 GHz, aujourd’hui peu nombreuses, puissent si nécessaire continuer à être déployées en fonction de l’utilisation de cette bande par les satellites scientifiques. Une question semblable se pose pour les stations terriennes de recherche spatiale dont le nombre est encore plus limité mais qui présentent une forte sensibilité au brouillage : elles reçoivent en effet des signaux de sondes spatiales très éloignées de la Terre. Enfin, les stations terriennes du service fixe par satellite peuvent aussi utiliser, à l’émission, une partie (600 MHz) de la bande, avec un diamètre d’antenne minimal de 4,5 m. 

L’ANFR, en coopération avec les acteurs industriels intéressés, a également étudié, dans le cadre de l’ UIT -R, la protection des satellites recevant dans la bande (service fixe par satellite et liaisons inter-satellite de l’EDRS, partenariat entre ESA et Airbus). Les études montrent que les satellites restent protégés avec une marge significative. La CMR -19 s’est inspirée de la décision d’harmonisation européenne qui prévoit des mesures pour limiter les risques en excluant notamment le pointage des antennes 5G vers le ciel. Une autre question débattue à la CMR -19 a été la limitation de la puissance des relais mobiles dans ces bandes, cette puissance étant déjà limitée par une disposition générique du Règlement des Radiocommunications. Toutes ces études, réalisées sur la base des hypothèses alors disponibles à l’ UIT -R sur les caractéristiques de la 5G, devront être actualisées pour tenir compte de l’innovation en termes de technologie ou de services qui se dessine alors que la 5G se déploie dans plusieurs pays. 

Les efforts engagés dans les modélisations des possibilités de partage à 26 GHz (réception satellite, stations terriennes, protection de l’exploration de la Terre par satellite en bande adjacente) ont été largement réutilisés pour les autres bandes à l’étude à la CMR -19. Mais chaque bande a ses propres particularités :

  • 32 GHz : l’ANFR a obtenu au niveau de l’ UIT -R que la seule méthode soit « no change », ce qui permettra l’utilisation de cette bande pour les applications de radionavigation (atterrissage des avions en réalité augmentée) envisagées par plusieurs industriels français (Dassault, Airbus) ;
  • 40 GHz : la bande de fréquences proposée par l’Europe (40,5-43,5 GHz) est largement soutenue par les autres pays de la Région 1 (Europe, Afrique, Moyen-Orient), tandis que des pays d’autres Régions soutiennent d’autres portions de la bande (États-Unis ou Chine). La question est donc de savoir s’il serait possible d’obtenir une harmonisation régionale des différentes portions de la bande, ce qui aurait l’avantage de préserver, en creux, un accès harmonisé à une partie de la bande 37,5-42,5 GHz pour des stations terriennes de réception sans avoir besoin de les coordonner avec la 5G. 
  • 50 GHz : cette gamme de spectre a suscité peu d’intérêt jusqu’à une date récente. Mais la perspective d’enchères aux États-Unis sur la bande 48 GHz a changé la donne. C’est une bande de fréquences sur laquelle la position française est encore en discussion, avec la volonté, comme pour le 40 GHz, d’aboutir à un équilibre dans l’accès au spectre entre la 5G et les stations terriennes en émission dans les bandes 47,2-52,4 GHz.
  • 66 GHz : cette bande est visée à la fois pour les technologies 5G et pour le WiGig (famille du Wifi) sous un régime d’autorisation générale. Pour l’Europe, où la neutralité technologique est la règle, cette compétition technologique ne constitue pas un obstacle et l’objectif reste d’identifier cette bande pour les IMT tout en soulignant le besoin de règles techniques pour assurer sa coexistence avec le WiGig. Néanmoins, d’autres pays, comme les États-Unis, s’opposent à l’identification de cette bande de crainte que cela ne perturbe le fonctionnement de cette technologie non IMT.
  • 70/80 GHz : les études européennes ont identifié le risque de brouillage des radars automobiles en bande adjacente (76-81 GHz), même en imposant de fortes contraintes pour éviter des rayonnements non désirés. La position européenne est maintenant de s’opposer à ces bandes, compte tenu également de leur utilité pour du service fixe point à point. 


Les négociations à la CMR -19 ont fait écho aux débats en cours en France et en Europe sur la bande des 26 GHz. Sur les autres bandes, les résultats de la CMR -19 permettront de lancer les travaux d’harmonisation européen et, au final, d’apporter aux opérateurs de nombreux gigahertz de capacité supplémentaire dans un cadre réglementaire international permettant la protection des autres services, principalement satellitaires.

What new frequencies could offer connectivity for 5G and beyond? Our final panel at #EU5GConf includes Rob Yates @LYAcAhead, Branimir Stantchev @EU_Commission, Eric Fournier @anfr, Mohaned Juwad @ESOA_SAT, Lars Backlund @BNEurope & @CamargosLuciana @gsma https://t.co/NPv3pGHMy7

Savez-vous ce qu’est un réseau local sans fil (RLAN) ? Utilisé notamment par des collectivités locales ou des entreprises dans la bande de fréquences 5 GHz, il doit répondre à un certain nombre de règles pour ne pas brouiller d’autres usages. + d'infos⤵️ https://t.co/fonJkBsF8C https://t.co/tULS1Q5QXA

Eric Fournier, directeur de la Direction de la planification et des affaires internationales de l'@anfr, interviendra jeudi après-midi à la Conférence Européenne sur la #5G organisée par le @ForumEurope. Infos et inscription :⤵️
https://t.co/GvaZOE1gxl #EU5GConf https://t.co/lUE3n2yuGl

Qu’est-ce qu’un brouilleur radioélectrique ? Il s'agit d'un émetteur📻conçu pour brouiller les services de radiocom:📱,💻, wifi, RLAN, Wimax...
La loi interdit cet équipement en 🇫🇷 car il porte atteinte aux droits d’utilisation des détenteurs de fréquences https://t.co/q6CDahvoHp https://t.co/EDf8FDwJu1

Savez-vous que l'ANFR réalise des enquêtes pour localiser et identifier l'origine des brouillages qui empêchent l’utilisation d’équipements connectés grâce aux fréquences ? Pour en savoir + sur les interventions terrain de l’@anfr ⤵️
https://t.co/i7tMySwcOF https://t.co/ZoJ4hlK7wX

Quel rôle joue le Fonds de réaménagement du spectre (FRS) dans le déploiement de la #5G ? Outil qui s’est avéré indispensable pour la mise à disposition rapide de la bande 3,5 GHz, voici comment il fonctionne ⤵️
https://t.co/dymVSdeS9t https://t.co/mSaisFfjjf

📶 INAUGURATION 🤳
Demain 👉 Inauguration des deux premiers sites #4G multi-opérateurs #NewDealMobile dans les @hautesalpes avec @JoelGiraud05, la @Prefet05, @ClaireBouchet05, @Arnaud_jm, le Maire des Orres, les opérateurs et les élus locaux ➡️ https://t.co/6Uipl4Srjx https://t.co/nG1Gc2Y82m

🔊📻🎙Pourquoi capte-t-on aussi bien les radios suisses côté Français ? Comme @Couleur3 ? Derrière votre poste se joue une véritable diplomatie des ondes, où chaque fréquence est négociée entre la Suisse et la France pour éviter les embouteillages. #Genève
https://t.co/F0aP4ZQyah

🔍Comment mesurer le taux d'exposition d'un logement aux ondes électromagnétiques ? Dossier Familial explique la démarche à faire auprès de nos services 👇 https://t.co/UogHa6UWp5

ANFR a Retweeté

📻 #JourneeMondialedelaRadio | Où en est le déploiement de la radio numérique #DabPlus en France ? Réponse dans notre carte interactive : https://t.co/3CT3S8cWfQ https://t.co/hgPYS5PF1d

#recrutement 🧐
L'@anfr recrute :
▶️ Un(e) Technicien(ne) chargé(e) du contrôle et des mesures in situ.
🆕 https://t.co/8LrPRIJfwh https://t.co/kMxTbcEP4H

#recrutement 🧐

L'ANFR recrute :
▶️ Un(e) technicien(ne) en radiofréquences charg(é)e du contrôle technique

🆕 https://t.co/f41HxA9aAX https://t.co/8un19B9UHh

⛵🚨 Les contrôles maritimes peuvent sauver des vies ! Deux pêcheurs en ont fait l’expérience en #NouvelleCaledonie : ils ont été sauvés par leur balise de détresse qu’ils venaient d’acheter après les conseils donnés lors de l’inspection du bateau https://t.co/9t9uzsJBik https://t.co/3DmffiJ4y6

#recrutement 🧐
L'@anfr recrute :

▶️ Un(e) gestionnaire administratif(ve) en radiofréquences.

🆕https://t.co/rgW1hCVbiZ https://t.co/aeQw8XlVTp

La nouvelle génération de cartes SIM, la #eSIM, offre un parcours client totalement dématérialisé. Quels en seront les cas d'usage avec la #5G ? L'@anfr a interviewé Olivier Leroux, président d'@oasis_smartsim, société française pionnière en la matière ⤵️ https://t.co/0pDiwx0iOP

L'@anfr lance #LesSeriesANFR, sur les radiocommunications. Cette saison, en 4 épisodes, s'intéresse aux équipements à bord des✈️. Vous serez étonnés par l’importance des moyens radio utilisés, et de l’enjeu crucial des fréquences en aéronautique https://t.co/6aKNpAnkt0 https://t.co/0wCcrzqa4K

La radio mobile ferroviaire est en pleine mutation ! Actuellement basée sur la tech. mature GSM-R, une variante du GSM, le réseau se modernisera dans quelques années grâce à une nouv. tech. qui utilisera la #5G. Comment et quand se fera cette mutation ?
📻https://t.co/g46KfpXTjE https://t.co/JnAulsl6yM

ANFR a Retweeté

📢@Exem lance son Observatoire des ondes en région toulousaine !
Un service innovant de supervision de l’évolution électromagnétique utile pour le déploiement de la #5G.
Déjà testé en avant-première avec l’@ANFR à Marseille, Nantes, Paris, Bordeaux.
🖥️👉https://t.co/7Lg86IvwiF

Nous avons un problème

Une erreur est survenue, merci de contacter un administrateur